vendredi 24 février 2012

Fumer

Respirer. Fumer. Sentir l arbre. S accrocher aux branches. Fumer. Sentir le feu consumer. Le feu qui brule la poitrine. Contenir la rage. Hurler en expirant. Je veux les tuer. Je veux les voir souffrir, je veux les voir démembrer, éventrer, défait de leurs instruments a tuer les filles, les petites filles. Je veux les voir souffrir mille tourments. Pour une éternité au moins. Mais même une éternité ça n est pas suffisant. Même une éternité de douleur permanente. Et l horreur, l horreur c est cette rage, qui doit apparaitre, pour sortir de la douleur, mais qui habite comme le monstre, qui fait devenir le monstre. Les émotions mélangées. Ne plus comprendre, ne plus avoir de repère. Se sentir disparaitre a l intérieur de soi. Tenter de respirer, tenter de se rappeler qu un souvenir est une énergie qui peut disparaitre, que les cellules changent tous les jours, tous les jours. Les 28 jours, le cycle clos, comme une Grace, la douleur comme une Grace suprême qui libère. Nettoyer. Le monstre s en va un peu. La colère c est l impossible raison, l impossible sagesse. Le seul point d équilibre a jamais fragile. Dans un cercle d horreur foudroyant. Décharges électriques dans le cerveau. Portes qui s ouvrent portent qui se referment... Qui se referme... Se referme... S éteindre... Se dissoudre... S en aller quelque part, dedans. Retrouver le dedans. Très profond, trop loin, beaucoup trop loin. Ne plus supporter le corps, la peau, les os, les muscles. Ne plus supporter le visage, ne plus supporter la femme qui allait être. Ne plus voir la femme. La voir trop tôt. Ne plus savoir. Sur quelle ligne de temps, sur quelle ligne... Préférer se faire mal pour ne pas perdre le peu d innocence, brisée, brisée... La colère contre soi. Je n aurai pas du être. C est moi qui. Savoir que ça n est pas ça, savoir que c est l autre, le monstre. Ne pas supporter la colère, comme si le monstre était la. Se dissoudre. Tuer ou mourir. Déjà morte. Entendre les ricanements. Savoir que le monstre pourra rire encore. Peut être même longtemps, peut être même plusieurs fois. Et même s il ne peut plus, il a déjà. Trop tard. Trop tard pour tout. Trop tôt. Trop tôt le toucher, trop tôt la flamme qui s allume dans les yeux, trop tôt la peur. Trop tôt le déclenchement de la peau émotionnelle, désincarnée. Le silence. Perdue. Savoir que ça n est pas normal, pas possible, pas pouvoir se battre. Peur du poison, peur de dire, peur qu on découvre, peur qu on sache. Peur du regard de douleur. Peur des larmes a cause du monstre. Pas toucher. Éloigner le monstre, ne rien dire croire protéger. Vouloir dire, peur du doute dans le regard. Baisser les yeux, fuir les regards. Fermer les yeux. Ne plus jamais savoir ni supporter comment regarder dans les yeux. Plus jamais. Ne plus vouloir porter le corps. Comme une enveloppe. Comme une mécanique qui fonctionne en dehors, a l extérieur, sans moi... Ne plus savoir habiter le corps. Avoir peur d habiter le corps. Peur de sentir. Couper les circuits des sens. Couper les circuits de la mémoire. Point zéro. Point zéro, invoquer le silence... Petite femme sans aucune larme.

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