vendredi 24 février 2012
J ai peur du monstre
Il est la. Il était la. Il ne s en va jamais. Parfois dans le regard, juste un peu de loin, mais déjà trop prêt. D autres fois trop prêt, beaucoup trop prêt. A défaire les yeux de la poupée. A désarticuler le corps. A arrêter de battre, le cœur. Il reste sous la peau. Il ne s en va pas. Même quand il est parti, il est la, il terrorise. Il traque. Je le vois passer. Il traque, il vole le cœur des poupées. Il leur arrache le ventre. Il dévore toutes les émotions, tout, il prend tout. Il recrache et il rit. Il rit fort, il sourit. La bouche pleine de dents pointus.,la bouche pleine de sang. La lueur sombre et folle plein les yeux. Quand il passe, c est pire que la mort. Mourir c est partir. Lui, il dit reste et sois morte. Sois belle et tais toi. Il aime les membres déliés, la fraicheur de la peau, le regard pur. Il guette l innocence qu il a perdu, il la vole, il la saccage, il la dévaste. Il la laisse pire que morte. Pire... C est le poison qui ne s en va jamais. C est le poison sans remède. C est l absence a son corps. L absence a son cœur. C est la douleur infinie, comme si c était normal, la douleur infinie qui devient la compagne, la présence, impossible de s en défaire, impossible a partager... Sinon le poison avance encore, sinon le monstre peut passer encore. C est la peau qui saigne, pour le faire sortir, pour arracher sa présence, le faire sortir, le faire partir... C est les yeux morts, le regard éteins et l infini innocence. C est la lueur brisée au fond d un gouffre. C est un puits plein de larmes impossibles a puiser. une eau cristalline, une eau pure qui ne lave jamais la noirceur, infinie la noirceur. C est la porte fermée apres. La porte dans la tête. La barrière. La coupure. Juste assez d oxygène, juste assez, mais rien qui ne passe, plus rien, il prend toute la place le monstre. Même en cherchant d autres mots que monstre. Même en cherchant des couleurs. Même en touchant la peau autrement. Du froid, du chaud, des bleus, du sang, de la couleur... Je suis morte plusieurs fois, elles sont mortes avec moi
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