Se poser.
La main.
Serrer trop fort, dans la paume. Ecrasée.
Laisser trop d'espace, paume ouverte. Envolée.
Grouillante sous l'écorce.
La paume.
La pulpe des doigts.
Je ne vois plus la douceur dans la main.
Seulement main d'enfant. Juste elle.
Petite. Doigt sur le nez. Chatouilles dans le cou.
Traces trop vives.
Mains de feu.
Le dernier homme a ravivé le père.
Ils tuent la femme.
Les vieilles traces, les mains, les premières.
Le repère.
Le point zéro.
Le vide.
Vide...
Il a fallu comprendre la douceur dans ma main.
M'autoriser, apprivoiser la violence dans mes poings.
Maintenant...
Les traces ne s'effacent pas.
Les caresses sont comme souffle de vent sur dunes de sable.
Corps de sable.
Le père c'est la main absente.
La marque rouge.
La vie qui donne la vie et dit "tu n'as pas le droit d'être"
La vie qui dit "tu es par moi, je fais ce que je veux de toi"
La main du père c'est celle qui fait payer d'être au monde.
Corps de sable.
La mère c'est la main absente.
Le vide dans le coeur.
La main qui réclame, qui enferme.
Pas la main de l'étreinte.
La main de la mère ne console pas, elle réclame.
Elle frappe aussi...
Elle a sa violence.
La main de la mère ne voit pas la différence.
La mère ne donne pas la vie, elle refuse de mettre au monde.
Corps de sable.
Ma peau est aride.
Ma peau de crevasses et de fissures.
Peau de terre craquelée.
Peau d'océan figé.
La mer.
Le vent.
Mon corps, tout mon corps.
La main qui attrape.
Celle qui soulève.
Celle qui retient.
La main qui dit reviens.
La main qui lâche.
La main qui s'ouvre.
Celle qui se ferme.
Le sang dans les veines.
Le pouls sous la peau.
La main qui s'ouvre, le corps qui se referme.
Le bout des doigts.
La prière.
Les pieds dans la terre humide.
Le hurlement dans les feuilles.
Le tourbillon entre les mots.
La main.
La main.
La petite, toute petite main.
La grande main qui écoute.
La main qui tient et qui ne lâchera jamais.
Jamais.
Les mots et le vide entre les mots.
Je sais trop qu'on ne réécrit rien.
Combien les lignes des mains sont des cours d'eau.
Les paumes sont des déversoirs, des puits.
Les paumes imposent et délivrent.
Vouloir trop fort le barrage, le barrage immense d'avec les lignes qui ont faites les miennes.
Savoir les ruisseaux qu'on ne peut que regarder couler.
Chercher la source.
L'autre.
Repousser l'orage, la tempête.
Refermer mes mains autour de ces petites mains.
Tenir un lac.
Un lac précieux.
Un vivier d'oiseaux et de papillons.
Toutes petites mains.
Douce pluie.
Bruine.
Brouillard.
Nous cacher dans mes mains.
Moi, chercher de nouveau le corps de sable.
Trop méconnaître le corps de femme.
Ne plus vouloir savoir la femme et l'autre.
La femme par l'autre, l'homme.
Ne plus vouloir savoir l'étreinte.
Dissoudre le toucher, le besoin du toucher.
Dissoudre le besoin de l'autre.
La respiration.
S'unir par les poumons, par l'air, respirer sans.
Dans les jeunes pousses, les feuilles saignant la sève jusqu'aux pointes.
Corps de terre.
Silence de la poussière.
Corps de terre humide.
La pluie qui lave.
La pluie qui nourrie.
Lit de la rivière.
Corps d'oubli.
Torrents des rivières et morsures de la pluie.
Habiter de nouveau le corps.
Y arriver. Respirer.
Etirer.
Courber.
Ouvrir les poumons.
N'être que le souffle.
Le souffle et le mouvement qui jaillit.
Le souffle et le repos du corps endormi.
Le souffle et les trajectoires.
Ne plus vouloir l'autre.
Etre.
Etre.
Et dans mes rêves, la nuit, je cherche le frère.
Je n'ai pas peur de sa main.
Mood: Camille - Je ne suis pas ta chose
Ill nino - la liberacion of our awakening
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