mardi 27 mars 2012

Letter by letter (time... take the time)

Le pas lent, étiré. La première morsure délicate du froid. Un ressac de chaleur vacillant sous les branches. L'écume de plumes noires embrassant les bleus éclatants. L'annonce de la corrosion douce.
Les gris qui s'éveillent dans les tâches de rouille. La tendresse qui s'étiole. La sécheresse craquante sous le pas.

L'étreinte saturnienne.

La peau à peine dénudée, laissée à la caresse de l'air. La saveur des derniers rayons, pluie de lumière dessous les arbres. Dentelle de jour trop clair. La brume derrière les yeux. Des couleurs floues repliées dans un coin de nuit.
L'insomnie portant le corps. Une certaine absence au corps. Une transparence soudaine. Immédiate et dissolue. Nervures de feuille flottante au dessus du sol.
Avant, avoir cherché les dernières effluves de l'obscurité. Les rubans sombres. Le ciel empourpré. Enroulée sous la peau. Heurtée par la lumière du jour. Les gris trop lointains. Le corps avide de fumée. Le corps vibrant depuis l'aile de l'aube.
 Légèreté de nervures. Flottante au ras du sol. L'insulte des flaques de lumière sur le bitume. Trahison du bleu limpide. Parfait reflet inversé de l'en dedans. Maudire le jour. Invoquer l'averse. Tempête sous le crâne. Les nuages de mots...

Le brouillard de sons.

 La vibration dissonante.
Effleurée, la cordelette de soie du pendu étrange.
Tête penchée. Et moi...
Tout le corps. Tout le corps qui penche.
Le fracas de la suspension.
L'effilement entre les doigts. Mes doigts engourdis. L'aspiration du sol. Le regard dérobé. Dérobée... dedans. La suspension.
Dessous les paupières...
Ma nuque enroulée. Ma nuque doucement offerte. La brume du souffle. Tiède. Mordante. Sur la peau. Corrodée.
Une certaine chaleur émergeant d'un creux de nuit gelée.
De la nuit du corps. Mon corps.
L'étendue sous la peau. Le frisson déchirant. La fragilité du papier de soie. La violence de l'effleurement dans tout le corps. La rage grondante. Le poing qui se serre autour de la douceur. Les trésors de douceur dans la paume. Les doigts emmêlés dans la nuque.
Les doigts...
Les doigts qui se défilent sur les hanches, au bout des yeux.
Le corps noué. Lier dans la suspension. Le soulèvement du souffle.
 L'effleurement s'évaporant au bord des lèvres.
 Le cocon de nerfs.
 Effilée.

Enroulée la nuque.

La brûlure de l'eau. Les jambes fébriles sur le carré de faïence. Les filets qui dévalent l'arc du dos. Arqué le corps. Enroulé. Chercher la disparition. Sentir... trop fort.
Refuser la caresse; l'idée de la caresse.
Savourer cette violence.
Le vide dans le corps. La force qui s'échappe. Fragile.
Sentir trop fort le souffle. L'arrachement à la peau d'émotions. La pudeur scellant les lèvres.
L'étreinte saturnienne.
La gorgée chaude qui remonte au bord des yeux.
Doucement.
En silence.
Savourer cette violence là. Celle de l'arrachement à la peau d'émotions.
Avoir le goût démesuré de la pudeur dans la bouche.
Dans tout le corps.
La nudité fragile, suspendue dans un instant blanc, flou. Divinement flou. Un voile transparent.
La profondeur de la peau. Le murmure dans la chair. N'être que souffle.
Une palpitation fébrile. Une accélération assourdissante dans la poitrine.

La vie au bord des lèvres.
Plus loin que nue... ma pudeur. 

La lenteur, l'étirement dans l'inspire.
Fébrile dans l'expire.
Au bord.
Toute au bord.
La fragilité intense. Immensément. Plus loin que nue. Abandonner...
l'étreinte saturnienne.
La morsure de l'aube.


Tu ne savais pas l'entrave.
Le corps en averse.
Les morceaux de ciel qui se détachent.
La respiration lente.
Les étoiles jetées dans la main.
Les nuages de mots.
La faute à la poussière.
             Je n'ai plus cette force là, do you see?
Le corps rompu.
Ne pas supporter la pudeur dérobée.
Celle qui vient avant, flottante.
Celle qui s'étire, lente et sauvage.
              La nuit repliée dans les paumes en partage.

(La guerre déclarée)

Chérir le poing fermé. La délicatesse des phalanges autour d'une brume vacillante. Le fracas des doigts écorchés contre le mur.
User la peau...
Le coeur à vif.
Craquelée la peau. La paume mise à nu par le brouillard des sens.
Projeter. La collision. La chute.
L'insupportable douceur.
Serrer le poing autour de ma pudeur terrible qui s'effile comme jamais.
Paupières closes.
Haïr ma fragilité superbe dans ton regard. Vacillante. La perte de moi même.
La dissolution et l'idée de la dissolution.
L'éclat au dessus du souffle. Mugir.
Te haïr jusqu'à la pointe extrême de ce que j'ai cru être moi même. A vif.
T'arracher l'idée de mon corps.
La corrosion. La corrosion lente. Certaine.
Te faire taire. Faire taire ton écho en moi.
Me voir déborder sous tes paupières. Hors de moi même.
Tellement hors de moi.
Dos au mur.
Lacérée.
La nuque renversée. Le frisson de chair. Te maudire.
Tenter de retenir autour de moi ce qui fait tout mon être. Serrer plus fort ce qui s'effile. Serrer. Plus fort. Enrouler. Défaire ton désir qui m'emprisonne. Me défaire de l'emprise de tes yeux sur moi. De ce que tu vas chercher loin en moi.
Infiniment nue.
Ce qui n'appartient qu'à moi.
Le droit que tu n'as pas sur moi.
Le poing serré.
La main tremblante.
Ma transparence qui se colore entre tes doigts.

Et c'est beau...

Et je t'en veux.


Ma transparence.
La profondeur de la peau. Le silence. La pudeur.
Le mouvement qui se brise.
                                          Tu ignores tellement le corps qui danse.
Le souffle arraché. Le corps rompu. Le vide. L'apnée de la peau. La déchirure. Les bras de cendre. Les mains consumées.

Fragile. Là.

Comme sur les cartons. Écrit en gras. En noir. FRAGILE. Un verre brisé. Un corps de verre. Là. Trop tard pour saisir la transparence. Le vide. La lumière au travers. Les étoiles transperçantes. La morsure de l'aube...

Ose l'écrire. fragile. Là. A même la peau.
Ose...
La nuit pliée aux coins des yeux. Les paupières grises. Les paupières lourdes. La nuque enroulée.
En gros caractères, étirés.
Marque l'emballage si tu oses.
C'est le peu que  je veux bien donner à voir.
Un mot. Dedans.
fragile
Les doigts dans les cheveux. La paume contre l'épaule. La note creuse. Le blanc autour  des mots. Les mots qui heurtent. Fragile.
La fureur. La note. Le souffle. Vaste le corps. Jambes repliées sous la poitrine. FRAGILE.
Ecouter le ventre. L'en dedans. S'arracher à ça. Le sol. Le mugissement du souffle. Naître encore. Fragile. M'arracher à l'autre. Au regard. La transparence troublée. De verre.
Liée. Pliée. Fragile.
Admettre le changement dans le corps. Vouloir la trace visible. Cachée. fragile
La peau qui n'écoute plus comme avant. Le mouvement. L'espace trop grand. La note. Le creux dans la note. Fragile. Me lover dedans. Parois sensibles.
Ose, que la douleur soit palpable.
Une autre peau émotionnelle. Fragile. Une empreinte. Un trouble. Des débris de verre. Le dos contre le mur. Arracher...
Le souffle. Le tremblement. La pulpe des doigts. L'emmêlement des nerfs. La trame décousue. Les boucles. L'infinité de boucles qui  percute la fin. Le silence du corps. Fragile.
L'instant écroulé dans le regard.
Ma pudeur et ta violence.
Ma fragilité. Ta colère.
Le feu courant.
La profondeur de ma peau.
Fragile.
Ma bouche aride. Mon corps tarie. Ton souffle. La nuque rejetée. Ton souffle. Mon corps de verre. La chute au bout de tes doigts.
Fragile. Dans tout ton corps.
FRAGILE
Referme
Pose moi doucement et referme
Dedans
Épuisée
Mon corps de nuit.
La vérité c'est la guerre déclarée.
Referme ça.
Usée.
Fragile. Le pantalon noir trop long, trop large qui glisse. Les rubans noirs des ballerines dénoués. L'épaule nu. L'eau qui délivre..
La vérité c'est la guerre déclarée.
Referme ça...


Mood. Something like... Alex Beaupain & Camélia  Jordana - Avant la haine

On s'débarasse pas d'moi comme ça


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