dimanche 8 juillet 2012

Les anges endormis

Mood: Laam - Petite Soeur
Lara Fabian - Immortelle
Lara Fabian - Il ne manquait que toi
Korn - A.D.I.D.A.S
Deftones... Minerva

Et puis tellement d'autres...

La grande panthère noire ailée
Le grand secret
La délivrance



Je veux savoir pourquoi l'amour si grand.
Je veux savoir pourquoi le manque d'amour si profond.
Les petites mains jointes, les genoux pliés.
Je voudrais me plier jusque dans le coeur de la Terre.
J'ai les yeux dans les couleurs des anges.
Je m'accroche à leurs ailes.
Je sens l'amour de la grand mère qui remplie mon coeur.
J'ai mal dans mes mains.
J'ai mal quand je marche.
Mon coeur saigne.

Je veux savoir pourquoi l'amour si grand, si grand.
Je veux savoir pourquoi les anges ne soufflent pas en dedans, partout.
En dedans de ces autres.
Mon coeur saigne.

Je ne veux pas parler.
Mes petites mains sont jointes.
Je ferme les yeux, je ne veux pas pleurer.
Ou alors pleurer de joie parce que je sais l'amour qui déborde, l'amour à l'unisson et l'amour qui souffre de ne pas pouvoir ouvrir plus grands les portes des âmes.
Je pleure en dedans.
Un océan.
Pleurer avec les anges.

Les anges endormis.


Je ne veux pas en parler.
Je dis que je ne me souviens pas, je sens la peur, et j'éclate en sanglots.
Je me souviens de la plage, du sable noir, du soleil qui s'en va et de mon corps secoué de larmes.
Je ne veux pas parler.
J'ai tout oublié.
Sauf la sensation de vide et les larmes des anges.
Et je me noies dedans.

Je ne veux pas parler.
Je veux regarder la mer, plonger dedans, me laisser glisser au dessus du sable, au rythme des courants.
Enroulée, en boule.
Ecouter le silence de l'Océan.
Ecouter la voix des anges.

Je n'ai pas peur que Dieu me fasse si grande et si vulnérable.
Je n'ai pas peur de me battre.
Je veux être toujours plus grande.

Je dis à maman que je suis son ange.

Je ne veux pas parler.
Je ne veux pas me mettre en colère.
Je sais que la colère de Dieu gronde pour moi, très fort.
Alors je n'ai plus peur.

Mais je veux rester dans l'Océan.
Je veux m'envoler avec les oiseaux.
Je remercies le ciel de déchaîner si fort la pluie et le vent, comme si Dieu lui même me disait
Je suis là petit ange, regarde, je pleure pour toi, je suis en colère pour toi
J'ai les petits pieds nus, et j'appelle tout l'Océan dans mon corps
Je donne toutes mes larmes
Je prends les armes maintenant

Les anges soufflent par la bouche des grands hommes, des mères, des enfants
Je les regarde, je les entends
Ils me parlent de l'en dedans du corps
De ce que le Souffle nous habite, nous guide
Je veux être présente dans et par le Souffle

J'ai du mal à respirer
J'ai un masque sur le visage
Ca sent l'eucalyptus, la menthe
Ca fait chaud dans mon coeur
Comme quand Papi masse mon ventre tout entortillé qui fait mal
Ca sent le géranium qui m'enroule comme dans un gros câlin

Je n'aime pas beaucoup qu'on me touche
Je n'aime pas

J'ai besoin qu'on m'enlace en dedans
très fort
très grand

Maintenant, j'aimerai serrer contre moi le diplodocus jaune que j'ai offert à ma fille
Ou alors le stégosaure rose
Je suis petite, et j'ai les petites mains jointes, le corps ouvert, le corps en boule
Je n'ai pas vraiment de doudou
Je n'aime pas qu'on me touche
Je suis enceinte, je sens une petite fille grandir, j'ai mal
J'ai mal et j'ai peur
Je suis en colère
Monstrueusement en colère
J'ai mal à ma mère
J'ai mal à ma petite soeur
J'ai mal à l'enfant qui marche sur cette terre
Le corps ouvert, le corps en boule

Je ne veux pas parler
Je ne veux pas dire les mots vrais
Des mots qui font mal
Loin de la vraie vérité vraie
Celle grande
Celle dans les mains des anges
Les petites mains jointes

Je pense à l'innocence éternelle
A la petite fille que je regarde en moi qui est une femme trop tôt en dedans
La petite femme en Madeleine, serrant le voile

J'ai envie de hurler au monde
Je veux crier à la face des hommes
Je serre le voile
Je prends l'aiguille, le crochet, je prends le fil
Je tire sur la corde
Je fais vibrer la corde
Je serre fort
Rattrapez moi
Rattrapez nous
Secouer plus fort
Qu'on nous entende crier
Qu'on nous entende jusqu'au Ciel


Que l'épée sorte de notre bouche dans le silence
 Dessous le voile
Dans la caresse du Souffle
Que le Souffle hurle dans tous nos corps offerts au monde

Délivrer

Délivrer l'enfant
Délivrer la famille avant l'enfant
Délivrer les générations avant la famille
S'accrocher aux branches dans l'arbre immense
Délivrer la femme
Appeler, hurler
La Délivrance

Les générations qui palpitent dans le coeur des arbres
Et la croix vivante
Le Souffle

Aladiah dans tout mon coeur

C'est la lettre
Et le pied de la lettre
Le début d'un signe
Un tracé dans l'air

Le souffle

L'indicible
L’imprononçable
L'insondable

La face aux milles visages, aux milles bras, aux milles ailes
L'oeil qui brûle

Les grands hommes du Silence

Hurler le Silence depuis le Prince de la Face

Les yeux rouges
Les ailes noires
Les yeux rouges
Les sphères dans l'arbre
Les yeux rouges
Les deux sphères vertes
Les yeux rouges
Le rayon d'or
Saisir le lien
Saisir le lien d'or
Secouer la trame
Serrer le voile
Les yeux rouges
Les deux sphères vertes
La sphère bleue
La lumière d'or
Le coeur enflammé
Le Phoenix hurlant par le Souffle
Le voile de lave
Le voile de cendres
Le coeur flamboyant
L'Epée dans une seule larme

Hurler le Silence
De tout mon souffle
Faire grandir le Souffle
Faire gronder la colère
La Sainte Colère
Ne craindre que Lui
que Lui

Redonner aux hommes
Vouloir séparer les hommes
Ceux qui sont moins conscients qu'un singe
Ceux noyés dans le poids des générations
Inconscients
Ceux qui portent le poison et le redonnent
Encore et encore
Ceux qui sont grands, assis dans le Silence, marchant dans le Souffle
Vouloir l'Unisson
Vouloir la Justice

Combien de pierres?
Combien de flammes?
Combien d'enfants?
Combien de femmes?
Combien grand le silence...

Serrer le voile
Secouer plus fort
Arracher les mouches
Retourner dans le coeur palpitant de la terre

Mon sang de lave
Mon souffle de ciel
Tout ce qui me soulève, me porte, me tient debout
Tout ceux qui me soulèvent, me portent, me tiennent debout
Tout ceux avec qui je marche
Avec qui je tombe
Avec qui je me relève 

Hurler
Secouer plus fort

Savoir le temps
Pleurer combien de temps encore?
 
Apprendre à réparer le corps
L'en dedans
Chercher le regard de l'homme qui rassure
Voir passer le monstre encore
Avoir peur de voir le monstre

Peur pour petite soeur
Hurler, secouer le voile
La peinture rouge et la feuille déchirée
Ma fille qui remue dans mon ventre
Hurler
Hurler
Les petites mains jointes
Les anges endormis

Apprendre de nouveau le toucher
Trouver la force en dedans
Corriger les gestes
Corriger les attitudes
Hurler en voyant les petites filles de maintenant
Une partie d'entre elles
Hurler en voyant les femmes de maintenant
Une partie d'entre elles

Ne pas supporter
Ne plus supporter
Hurler
La sexualisation abusive
Trop tôt
Juste trop
Ne plus supporter
Vouloir tout détruire
Vouloir la femme vraie
L'enfant protégé
L'homme bon et juste

En conscience

Ne plus savoir regarder un homme
Ne plus savoir faire confiance
Vivre dans la peur
Lutter avec la peur
Les petites mains jointes

Serrer contre mon coeur et faire grandir toujours plus haut la petite fille que j'étais en dedans
Vouloir établir, rétablir la femme que j'étais déjà
Espérer pouvoir être enfin la femme par l'homme...
Espérer le père
M'accrocher aux frères
A leur regard
A leur amour

Les anges endormis

Et ça n'est pas que les enfants, ça n'est pas que les petites filles, ni que les femmes
Je sais aussi trop bien le petit garçon, le petit homme, les grandes larmes

Mon cri grandissant

La délivrance...

Hurler
Hurler à en mourir de douleur
A me consumer de chagrin
Vouloir tout arracher
Tout enlever
Prendre toute la douleur
Tout le vide
Vouloir remplir tout le trou à la place de l'Amour

Hurler!

Vouloir disparaître
Me dissoudre
Ne plus être au monde
Ne plus vouloir donner la vie
Avoir trop mal, trop grand, au monde

Si petite
Tellement petite
Et tellement grande...

Je ne veux pas parler

Mais je veux qu'on sache
Je refuse qu'on fuit
Je refuse que ça continue, que le monstre avance encore

Je veux que ceux qui savent le monstre n'est plus peur
Plus jamais peur
Plus jamais mal

Hurler

Hurler plus fort

Aladiah

Assise prête à me lever
Dans le coeur de la grande mère
Je veux être la mère avant l'enfant
Avant la femme
Dans son sein

Et il n'y a pas de mot
Il n'y a pas de lettre
Il n'y a pas d'autre langage
Que celui là

L'In-désigniable

La présence au monde
La Présence

La délivrance...

Hurler plus grand, à faire trembler le monde entier

Enlever les images violentes
Enlever de partout la recherche d'émotions qui arrachent la conscience
Celles qui matraquent
Celles qu'ils vont chercher, encore, toujours plus
Comme une drogue, comme pour se rappeler la souffrance, la peur
Pour fuir la panique
Pour se sentir vivant
Vouloir écraser ceux qui manipulent, ceux qui nourrissent le monde comme ça pour abuser toujours plus de tout
Vouloir les voir tomber dans la poussière

Hurler les générations qui meurent

Hurler la délivrance de la mère

J'ai mal au ventre
J'ai mal à ma terre
J'ai les veines pleines de lave bouillante
J'ai les yeux plein de Ciel
J'ai les yeux rouges
Rouge de la sainte Colère
Rouge des larmes Océan
Rouge de sang vivant

Mon corps n'est que poussière
Mon corps est de cendre
Je veux parler à la cendre
Partout recueillir la cendre
Rebâtir le nid 
Brin par brin
Le nid immense
La flamme qui consume le coeur immense
La flamme du foyer
Le coeur battant de la famille
Ma goutte de lave bouillante
Le coeur palpitant de la terre
La pluie et la tempête
Les rivières qui soulagent le corps douloureux
Le voile qui protège
La tête nue
Les pieds nus
Danser sur la cendre
Faire revenir le feu dans les pas
La femme debout comme l'homme est à genoux
Danser sur la cendre
Demander le Souffle puissant
Toujours plus grand
Pour nourrir la Flamme
Pour que la Flamme grandisse

Que tout se consume

Hurler

Il faut que je parle maintenant

Il faut partager la douleur
La douleur aussi
Le feu et la cendre

Mater Furiosa
Mater Dolorosa

Je contemple et j'appelle Minerve en moi avant le Souffle
Avant le Souffle d'Hermés
Guérir 
Les pieds nus
La tête nue
Dans le vent

Aladiah...

Hekamiah

Guérir

Le petit jour dans la lueur bleue
La lueur bleue dans la nuit indigo
Les milliers de jours dans la nuit
Les milliers de vies
Les milliers d'étoiles
La traînée de poussière de ciel

Le petit enfant de feu d'or
Les étincelles
La cendre
La flamme
La femme
Le cercle
La croix qui cache la forêt
Les hommes au pied des arbres
Les ailes au dessus d'eux
Les racines et les ailes
Le grand arbre...

Dis moi Maman Gaia
Dis moi comment monter en selle
Assure mes pas
Que je galope
Que je galope dans le vent

Le souffle toujours plus grand

Je ne peux pas supporter de les savoir mourir en dedans
Je ne peux pas supporter cette douleur là
Cette colère qui gronde en moi
En partage
Celle que je veux prendre, arracher, faire grandir
Celle que je lis derrière la douleur
Dans les yeux rouges

Rouge

L'innocence

Nous sommes les anges endormis dans le lit de l'Eau

Plus vive que morte
Je suis plus vive que morte
Tuée à chaque fois par l'innocence
Combien de fois je suis morte?
Combien de temps je meurs?

Mon ventre est grand

Mon coeur est rempli de flammes

Je remercies de savoir cette douleur là
Qu'elle soit mienne

Comment je pourrais les prendre dans mes bras autrement?

Prendre les armes
Chasser le monstre
Hurler!
Serrer le voile plus fort
Tête dans le vent
Pieds nus

Je veux regarder grandir la Femme Immense
La mère aux seins lourds
La femme qui marche
L'enfant qui court
Et le temps qui nous rattrape
Je veux lire le bonheur dans le coeur immense
Je veux la force de se battre toujours plus grand
Toujours plus grand
Je veux m'incliner devant la Mère Immense
Laisser grandir sa force en moi
Et frapper le sol pour terroriser les mauvais hommes
Toujours plus fort
Hurler!
Frapper ma poitrine

Je n'ai pas peur du sein coupé

C'est comme ça que je m'en irais

Et que les hommes nous tiennent debout
Les mains sur le ventre

J'étais
Je suis
Je serai

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