jeudi 12 juillet 2012
Viens pas me parler d'Ibiza
De caviar
Je préfère laisser le poisson à la mer
Regardez les ti bichiques lutter avec le courant
Le caviar, je l'aime quand c'est la vanille
Parfumé au miel de letchi
T'aime?
Enlève la merde de tes yeux
Et regarde la métisse en face
Regarde la mère qui saigne
Droit dans les yeux
Là où t'as juste projeté la pute
Du temps, j'en prends pour mes enfants
J'en prends pour les gens qui ont besoin de moi
Les ongles, j'l'ai coupe pour pas accrocher
Le vernis il a valsé avec le dissolvant
Quand j'ai plus eu envie de perdre encore une parcelle de temps
C'est la logique
Ecologique
Tu veux l'opération?
Chirurgical
Dissection à la lame de mon océan
Ouverte en grand
Tu vois le coeur qui saigne?
Ca attend que de péter
J'ai le pas furieux
J'attise la flamme
J'ai toujours eu ça en moi
J'me suis battue contre le mauvais feu
Et ce qu'ils ont voulu faire de moi
Je vis chez ma mère, et c'est bien comme ça
J'ai pas envie de foutre le pied dehors pour montrer mon cul
J'ai jamais aimé les regards qui arrachent le tissu
Le henné ça m'aurait bien suffi
J'aurai même préféré
Mais le rose c'était tout ce qui trainait dans le coin
Et du coup je pense au noir, au rouge, et au feu dans mes doigts
J'ai toujours maquillé que les yeux
Les ongles, y'a eu la période
Et puis l'oeil gauche seulement
Un rien de paillettes roses, juste pour rappeler que ça explose en moi
Mais...
fallait saisir le concept
Quand pour la première fois j'ai arraché l'étiquette de mon sac neuf
Moi qu'est jamais aimé porter des sappes comme les zoreils
A récupérer les fringues de mes soeurs
Et combien il me manque mon fut rose fuschia légérement bleuté
Avec mes envies de Mouccharabieh dessiné à l'acrylique
Les tam tam de l'Afrique
Le calame que j'ai envie d'avoir entre les doigts
Et le bas du pantalon coupé noué autour des chevilles
Le foulard à la taille
Le ventre nu
La pierre au nombril
Le bustier pour cacher les seins d'enfant
Le corps qui s'en va
Les spartiates prunes
Mes pieds noirs de poussière dans Paris
J'ai 16 piges
La première fois que je mets le pied au Louvre
La énième fois que j'ai commencé mon chemin vers l'anorexie
Jusqu'à toucher du doigt la Lumière
Et j'ai jamais cessé d'étudier pour tout redonner à mes frères
Tu la vois la femme là?
Celle qui rase son crâne parce que les hommes la dévastent
Celle qui va chercher dans l'arbre la voix des anges
En sentant les racines lui rappeler ce que les femmes avant elles ont fait
Parce qu'elle ne supporte plus de voir ceux qui perdent du temps dans les mauvaises flammes
L'oeil grand ouvert
Les twist, les tresses, les dreads, trop fière!
Et la peur dans les yeux des gens quand je passe au rouge
Alors quand moi c'est juste le coeur de ma terre qui bouge
Tu la vois la mère qui veut montrer l'exemple
En passant du temps à expliquer, dire, patienter, aimer
Une portion, un moment de temps accordé
Ca fait quoi, 4 ans que j'ai pas essayé?
D'être quoi, une femme?
Si c'est ça, je crois qu'on voit pas la même flamme
Et que le bonhomme, j'en ai pas besoin
Ni son fric ni sa caisse
Ni ses envies de me secouer le corps
Moi j'avais les mains jointes et les genoux à terre
J'avais les gestes qui parlent
Et le corps qui danse
Pour mieux dire ce que ma bouche m'empêche de prononcer
Silence
J'me souviens d'avoir passé du temps à me coiffer
J'ai toujours adoré partagé ça avec mes soeurs
Mais plus le temps est passé, et plus j'ai porté le noir
Caviar?
Moi j'ai fondu en larmes aujourd'hui
Juste parce que j'ai parlé de Madagascar avec Marie-Thérése sur la plage
Elle vend des samoussas
J'avais juste de quoi en prendre 5
Elle nous a nourri à notre faim
Et j'ai parlé avec elle pendant 30 min
C'était mon île qui tremblait
Mon coeur qui saigne
J'avais pas mangé de manioc depuis des mois
Je retiens encore des larmes tellement ça fait mal
Et y'a toujours des connards pour refuser de voir
Que c'est la pierre dans ma poitrine qu'a pas fini d'flamber
Quand je heurte le bitume, c'est toujours au pas de l'armée
Je porte plainte...
Si je devais tout dire
Y'a que les anges pour pouvoir juger
Y'a que là haut qu'ils me rendent justice
On n'a pas fini de prier
J'ai voulu tout arrêter
Ralentir ma course dans les livres, enfermée
Mais j'ai fait que prendre de l'élan
Et maintenant j'ai besoin de temps, de plumes, et de voix qui veulent s'élever
Les asanas sont revenus me prendre
Quand enceinte, je me suis rappelée que j'avais un corps
Depuis si j'arrête de danser
J'ai l'impression que le monde se met à trembler...
Et la daronne qui revient de chez le coiffeur
Les cheveux blancs sur 5 cm au moins en partant
Elle me rappelle qu'il faudrait peut être que je retravaille
Mon noir, mon violine, mon rouge et mon cuivré
100 % Cafrine croisée Gardien Volcan
Et faut porter ça
Faut le porter
A bout de bras
A bout de souffle
Au bord du gouffre
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