samedi 14 juillet 2012
Quand le sang me monte aux yeux
quand l'envie de tuer monte en moi
le ventre grondant
le coeur qui éclate à entendre depuis la nuit des temps la douleur de la mère qui enfante
à entendre le hurlement de l'enfant qui vient au monde
l'innocence brisée
le corps inhabité
l'obscurité qui règne et les mains qui cherchent la lumière sans ne plus savoir ni comprendre comment ni quoi saisir
la destruction autant que la pureté même
la perte absolue de repère
comprendre ne veut pas dire tolérer, ni accepter
vivre
c'est aussi vivre
c'est aussi la vie
la destruction
comment supporter? hurler...
garder le silence
tenter de s'accrocher à ce qui nous entoure
retrouver le contact, le sens du corps
et combien de fois?
combien d'enfants?
et ceux qui étaient des enfants qui laissent la porte ouverte au monstre
sont ils responsables du monstre qui les habite
qui les ont habité avant qu'il prenne toute la place dans leur corps
elle est où la porte de sortie?
celle qui ferme l'entrée, en sécurité, loin du monstre
vivre
comment vivre, après
après ceux qui ont subi
après ceux qui font subir
après avoir subi
s'accrocher à quoi?
en grand écart magistral entre l'innocence la plus pure et la perversité la plus invraisemblable
ce qui n'a rien d'animal
un animal ne fait pas ça
il n'y a que l'homme, et ce qui peut habiter l'homme qui peut faire ça
pourquoi?
comment arrêter la course folle de la vie qui détruit la vie?
la raison?
et il en va de ça comme du reste
c'est le pire à mes yeux
et il n'y a pas de règles vraiment pour tenter de reconstruire, pour tenter de vivre, après
il faut les bonnes personnes, le temps, ce qui rassure
les black out
la mémoire en lambeaux
les flashs
les cauchemars
les sensations
les traumas
la dépression
l'enfermement
la paranoïa
la perte de repères totale face au corps qui ne peut que répondre comment on la volait
donner comme ça a été pris
l'escalade dans la violence, la douleur
revivre l'horreur
même sur l'autre versant
dans la douceur
pouvoir revivre l'horreur
même dans les bras sécurisants et aimants
aimer
dedans, savoir
mais aimer, ne plus pouvoir
et ne plus pouvoir supporter de ne pas pouvoir aimer
de ne plus supporter de déborder d’innocence autant que de rage
le poids de la victime
un genre de syndrome de Stockholm...
une ambivalence
l'incompréhension éternelle
la sécurité et l'autorité complétement faussée
la confiance dissolue
la soumission absolue
la quête de sens
si c'est possible
l'oubli du corps
l'oubli
le présent
les souvenirs, les autres
le présent
le corps d'ici, là et maintenant
le corps qui change tous les jours
l'adn
le ventre de la mère
l'océan de douleur
l'adn
les cellules
le temps
le vide
le temps
le présent
ici et maintenant
mais la mémoire est là
le coeur bat
le sang coule le poison dans les veines
vivre et savoir la destruction
vivre et contempler l'abime
vivre et remercier pour la souffrance
vivre en ne se sachant être rien
poussière
vivre et vouloir tout détruire
vivre et dépasser l'horreur
en contemplant l'abime
vivre et ne jamais vouloir laisser l'innocence s'en aller
pour ne pas devenir le monstre
avoir peur de la colère
avoir de dire
avoir de pleurer
ne plus avoir de larmes
trop de larmes autour
trop de larmes
un océan de douleur
s'accrocher à l'océan
et espérer renaitre
que le poison disparaisse
que le monstre finisse dans l'abime
et refermer la porte
ne plus savoir ressentir
ne plus s'en laisser le droit
garder le contrôle
ou alors à l'inverse
chercher à ressentir, plus que
parce que la violence, l'indicible douleur
secouer la cervelle, le corps, la carcasse
l'horreur qui perpétue l'horreur
à qui la faute?
à qui la faute...
toujours avoir mal, toujours avoir peur
et sentir que le sourire qui se dessine s'effacera toujours
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