mardi 26 juin 2012

Fureur de vivre

Je suis coupable de me rétracter dans un monde trop fracassant pour moi. Coupable mille fois de déranger la folie des heures qui filent et de vouloir rattraper le temps qui file entre les doigts. En déposant les feuilles une en une, en choisissant les couleurs, en contemplant l'arbre et la sève. La terre fébrile. Fébrile avec elle.
Je suis coupable d'aimer penser de la racine jusqu'aux fruits.
De vouloir aimer la découpe avant de croquer.
De semer des traces de ce qui me paraît beau avec ce qui l'est déjà.
Immense nature.
Fébrile moineau.
Coupable de vouloir penser l'energie dans mon corps avant l'energie utilisé par mon corps.
M'envoler.
Fébrile moineau...
Coupable de vouloir le ralenti face à la course folle, en maudissant les heures où les gestes s'étirent violemment, où les mots crus fusent, pour mieux parfaire la cadence d'un monde englouti, déjà mort.
Je la chéries cette terre, je voudrais n'y être qu'un passage léger, la dire, la protéger.
Réapprendre ce qu'on nous vole dés le plus jeune âge, quand on nous assomme avec la surconsommation, et même l'humain est jetable...
Coupable de vouloir des relations profondes, mais d'être à peine effleurée du doigt, tout juste.
Je suis sensitive.
Sensitive et offerte.
Sombre dans un recoin de nuit.
Lézarde de lierre grimpante... labyrinthe dévalant - aux sons des chevaux endiablés - les forêts voisines, où sommeillent des millions d'heures oubliées.
Je me réfugies dans les bras de beaux penseurs et je sommeille longuement.
Ivre de pluie.
Saoule de la vague déferlante.
Du flanc brisé de la falaise.
Du vide entre les grains de sable.
Que de vent...
Que de vent dans mes ailes, moineau fébrile.
Si peu de temps.

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