vendredi 22 juin 2012
Vertige
Mon café a un goût de Paris ce matin
De trains qui partent
De chemin de fer déglingué
De chemin de fer
L'idée nourrissante
Juste l'idée
Du roulé à la crème lovée dans le sucre rose
Ma douceur du dimanche enfant
Courir sur les rails
Dérailler
Suivre quelle voie...
S'en aller
Et ma fille qui veut me mettre du gloss Hello Kitty sur les lèvres
Je vais ressortir la poche à douille aujourd'hui
Pâte à choux
J'ai envie de remettre les pieds dans le boulevard Port Royal
D'aller chercher de la confiture de lait au thé vert
Avec mon thermos de café à la main
Marcher jusqu'au jardin des plantes
Marcher jusqu'aux quais
Un sac sur l'épaule
Un carnet
Un stylo
Et retrouver les corbeaux
D'aller chercher des fruits chez Tang Frères et de la farine de riz gluant
De remonter les quais jusqu'à Notre Dame en rollers
Prendre le temps de traverser pour aller à Châtelet
Sentir encore l'écorce palpitante
Saint Eustache
La rue des petits carreaux
Mon Paris
Le sentier
Le sentier qui s'effile jusqu'à La Madeleine
Et les pieds nus sur les pavés
Nageant dans les Puces
Sereine à Montmartre
Palpitante comme un oiseau blessé sur l'île de la Cité
L'Ophélie dans le Marais
Amour aux lèvres
Le rouge qui se défile
Les mots mordants
La lady marrone sur le pavé
Encore les larmes aux yeux pour les affiches des couloirs
En transit
Gustave Moreau
Ma peau de chagrin
Mon elixir
Opium et boîte à musique
Je reprends corps avec l'île soeur
Nous étions de grandes dames
Aux pas lents
Cortège des vieux amants
Noyade dans l'eau émeraude
Fiancée de l'eau
J'ai marié mon sang à celui du ruisseau
Ketanou
Toutes les femmes à la fois
Beauvoir
Du Vent dans mes ailes
Du vent embaumant le goudron, et la terre humide
Les pages jaunies
Le corps termitière
Perdu et retrouvée dans les bras végétaux du métal forgé
Wilde et La Salomé
Les vieux corbeaux qui me hantent
La Banshee
Et le cri
L'oubli
Le suicide lent
Ivre d'amour
Les conteuses
Les fileuses
La dentelle
Nos cérémonies du thé
Le vin jusqu'à la lie
Chaud et épicée
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