j'y peux quoi si je suis une fille à bas noirs qui s'enroule dans les mailles douces de gris délavés
nue genre le coeur saignant dans les mains qui palpite, l'audace et
la fraîcheur des mots vrais plein la bouche et tant pis si on me bouffe
et pudique en même temps... toute autour de comment on me touche, de
comment ça me bouleverse, toute emmêlée à l'averse mi triste mi
tellement bien
j'y peux quoi si j'ai le goût
du bitume tiède qui fait lever la brume sur les quais, le pas léger
dans mes bottes lourdes aussi plates que des ballerines
j'ai le pas qui danse moi
je suis claustrophobe, l'espace de mon corps m'étouffe
j'ai pas d'autre choix que de libérer le mouvement
aller chercher l'émotion pour éclater les frontières de ma perception...
et je respire quand le son dévale en moi
et je respire lorsqu'il va loin en moi
l'esprit qui balance et...
et le bras qui s'éloigne, qui balance
la main qui étire le souffle encore plus loin
vas t'en
reviens
vas t'en
putain...
viens!
j'y peux quoi si je suis cette fille à bas noirs qui se foutrait de
les savoir en boule en dessous d'un plafond au ciel brouillé
en boules comme des notes trop jeunes encore qu'on voudrait jouer à s'user
j'aime ce que cachent et dévoilent ses mains, les territoires inexplorés que je devine
l'odeur du béton constellé de feuilles humides qui le suit
le vent qui se soulève en moi
ce que je sens... c'est la corrosion lente
le manque
c'est ça
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