samedi 16 juin 2012

A bullet in your head

J'ai pris le temps avant de savoir me mettre en colère.
J'ai appris à laisser grandir la petite fille déjà très vieille en moi.
Celle capable d'essuyer les larmes de sa mère à 7 ans et de se confronter à son père qui la frappe en lui hurlant au visage qu'elle le déteste.
Celle qui prend son sac à dos, ses vêtements, et qui s'en va sans aucune crainte dans la rue.

J'ai pris le temps de laisser grandir le cygne en moi.
Je garde en tête les sauts de biche en danse classique au Conservatoire.
La phrase d'Ariel: On n'est pas des éléphants.
Les asanas replacés en contemporain avec Régine.
Les asanas et la méditation avec ma mère yogini Christine.

J'ai pris le temps de m'assoir sous un badamier à l'école, à 11 ans.
J'aimai ses fruits.
J'ai médité profondément et j'ai pleuré, en voulant expliquer à tous ceux qui m'entouraient que l'esprit est.
J'ai toujours été très fragile et très forte.
D'une sensibilité extrême.
Et je me souviens comme d'hier du lac de lumière blanche, des lotus bleu et vert, et de mon ascension.

J'ai pris le temps d'attraper une chenille dans la cour de l'école, sur un Laurier Rose.
En jeune Daphné, aussi farouche qu'une biche, au coeur de Lionne, un pied à Madagascar.
Tsilaosa qui bat dans la poitrine.
J'ai pris le temps de la ramener chez moi, de lui faire un abri.
J'ai du comprendre la terreur de ma mère.
Ce papillon est associé au cannibalisme.
Pour moi, c'était un papillon.
Un insecte.
J'aimai les insectes, les observer, et encore maintenant, on joue au ballon avec mes puces, mais on aime mieux jouer à où va la fourmi en la laissant s'aventurer sur nos doigts, en apaisant nos battements de coeur.
J'aimai les arbres, et je faisais déjà des offrandes en pliant les feuilles.
Mais je ne le savais pas encore, que c'était des offrandes.
Dewi Bawang me serait déjà contre son coeur.

J'ai pris le temps de comprendre le regard des enfants de mon âge sur moi.
La volonté de fusion des petites filles, l'idée de la meilleure amie, qui me faisait me sentir étouffée.
Les petits garçons qui devenaient des corps en ébullition, qui m'agressaient par leurs mots et leurs regards.
Mais il y avait là aussi l'Indonésie, l'Inde et Madagascar.
Eux, je me retrouvais dans leur regard.
Ils savaient me voir.

J'ai pris le temps de faire grandir en moi la petite déesse offerte en sacrifice.
Celle enfermée, consciente, qui sait ses pas justes.
Celle debout en moi sur une pente d'herbes au milieu de la forêt du Maïdo, en hauteur, qui regarde dans les yeux l'un des premiers hommes qui a su la protéger.
Moi qui lui ai dit que j'avais le vertige, lui qui m'a offert le livre qui faisait raisonner son Indonésie et ma Réunion.

J'ai la colère du volcan qui bouille dans mes veines.
Plus que jamais...

J'ai pris le temps d'apprivoiser mon déchirement intérieur quand après le yoga, je jouais avec les fils de ma yogini.
Les jumeaux.
Un amour débordant.
Et m'être dit "je ne pourrais jamais choisir, j'aurai trop peur de faire souffrir"

Tout ce qui était annoncé, couru d'avance, avec, par les hommes.


Tout ce que les hommes m'ont heurté.

Tout mon chemin dans les bras de l'Asie, mon repère, ma ligne de conduite, mes pas surs.
Et le temple du corps.

Why I hate you more en more.

Et je la vois plus que jamais dans les eux de mes puces, cette petite fille.
La femme que je suis en a été dévasté, maintenant, plus forte, tellement plus forte.

Je suis fatiguée des gens qui heurtent, en se complaisant à regarder dans les yeux des autres comme ils se regarderaient dans un miroir.
Sans considération pour la personne qui est en face d'eux.
Why I vomit you

J'ai appris la patience, la compréhension.
J'ai voulu rejeter la colère, la fatigue de la colère, le sentiment d'injustice.
J'ai voulu donner et apprendre, ce que je pouvais et plus.
C'est ce que j'ai fait.
Why I hate you.
J'ai appris à m'effacer, à entendre le besoin autour de moi, à le faire mien, à le porter, à soigner.
J'ai dû apprendre aussi à faire mon propre chemin.
A oser prendre ma place.
Toujours peur de déranger.
Toujours obsédée par l'idée que chaque chose doit être juste et qu'il faut faire ce qui est nécessaire.

Je ne crois pas qu'il y ait de mauvais choix.
Il n'y a que des expériences.
But I can't pardon you.

Je n'ai jamais être différente.
J'ai énormément souffert, mais j'ai toujours trouvé la force et le temps de penser à ceux qui souffrent.
J'aime trop la vie et vivre pour me laisser abattre.
Pour autant, combien j'en veux à la majorité des gens de ne pas respecter ma sensibilité particulière.
C'est déjà suffisement lourd.
Et tellement léger...

Aujourd'hui, je suis toujours revoltée, mais plus en silence.

Je crois qu'il faut savoir se tenir immobile et savoir se taire avant toutes choses.
C'est comme ça qu'on peut commencer à faire quelque chose.
A marcher.
A avancer dans la vie.
A danser... à se battre.

Aujourd'hui, je suis plus qu'heureuse d'être sur mon île.
Un anniversaire.
Une vingtaine d'enfants autour de moi.
Un des nombreux coins de paradis qu'on trouve ici.
La Bretagne. Saint Denis.
Une petite Morgane blonde aux yeux clairs, toute empreinte d'une fragilité superbe.
Comme ses amies.
Et les garçons.
L'energie qui était la leur ensemble.
La beauté de cet ensemble.
Les bras qu'ils m'ont tendu.
Les gestes qu'on a eu.
L'affection qu'ils m'ont réclamé et celle que je leur ai donné avec tout l'amour d'une mère, en étant encore une petite fille parmi eux.
Là où je me retrouve puissamment.
La nature comme je l'aime, entre soleil et pluie, et le vent.
Les gestes que je leur ai appris.

On plante la graine dans la terre.
On va chercher le soleil.
On prend un peu de vent.
La pluie, doucement.
On fait pousser la graine.
La graine pousse.
C'est un arbre.
Il donne des fruits.
On prend le fruit.
On le casse.
On le donne.
On le donne à tout le monde.
Et on replante les graines.
Peut être qu'il y a des oiseaux dans les branches.

Ca, c'est mon île.

La discrétion d'une petite malbaraise déjà bien assise, comme une reine, qui avait besoin que je la prenne par la main et qui m'a appelé Tatie.
Le petit prince, son frère métisse, déjà conscient de sa position, sur de ses gestes et patient, empreint de douceur, de justesse, mais qui sait rester un enfant.
Un autre petit prince métisse, au coeur grondant. Un tigre. Un dragon. Un aigle. Qui m'a enlevé la cigarette de la bouche et l'amertume.
Des enfants déjà immenses.
Je pourrai aussi bien parler des autres.
Mais l'Asie tient la femme que je suis pour mieux protéger mon île.
La ceinture superbe, arc en ciel, autour du volcan.
La puissance des arbres d'ici, ceux de partout dans le monde, comment je sais aller chercher le monde en eux.

Le geste juste.
C'était la puissance des gestes justes et des éclats de rire.

L'energie qui circule, et qui éclate, dans leurs yeux plein de vie, tellement conscients du monde qui les entoure.
Les connexions entre eux.
La beauté des attentions qu'ils ont les uns pour les autres.

Ici, ça n'est pas la France, pas vraiment.
La Réunion, point.

Et je suis plus furieuse que jamais...
Et j'ai aimai voir dans leurs yeux la même douceur et la même fureur.
Sûre de la bataille gagnée d'avance.
Tellement sûre de mon île.

Quand je suis avec les enfants, je me rappelle combien l'homme a pu être mauvais ou bon avec moi.
Je suis exigeante.
J'aime autant être sans compagnon de route de chair et de sang, présent physiquement, et le reste.
J'aime autant ne pas avoir de bague au doigt et de foyer.
Je marche mieux avec les enfants.

L'homme m'a plus que déçu.
 Je sais me battre seule.

You never look into my eyes
You just look inside yourself
I vomit all your stupid projections
The bad energy you're pull on me

Et je suis le songe
L'eau dévale le long de ma colonne vertébrale
Depuis les sommets enneigés jusqu'aux déserts

Je suis le songe
Et l'eau glisse sur moi

Je suis une lame
Et je n'ai besoin de personne pour la saisir

Je suis une lame
Je suis une goutte

J'aime la pluie

Mais là...
I'm hurrican
Put that in your stupid fucking brain

J'ai le coeur immense
Le coeur de ma terre et toutes ses larmes
Autant de gouttes
Une lame immense prête à tout fendre

J'ai le coeur grand
Je ne suis pas un jouet
Take your stupid dolls if you want
& don't imagine one minute that I can considere you like a man
why I vomit you...

Je refuse d'être à la merci du courant
Mais je me dois de suivre le cours de l'eau
You're not the one
We are One

 J'ai souffert et je ne veux bien m'enorgueillir que de ça
C'est ma force
C'est ce qui fait que je peux regarder le monde dans les yeux pour mieux savoir effacé la peine
Et je ne vis que pour ça
Pour voir grandir les graines
Et que les ailes se déployent
Patiemment
Mais avec force

I don't need you
I don't need someone like you
I'm not vanish, I'm not sadistic, or something else
I'm a simple woman who walk barefoot
& you just refuse to see that
& I love all the beautifull fighters on my back 

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