mardi 19 juin 2012

Cut de Smile - Tranche Papaye et crocs dehors


Comment dire à quel point j'ai la rage au ventre
A quel point j'ai le sang qui bouille à l'heure qu'il est...

Je me canalyses, je prend le temps de remâcher ma colère
Depuis le sommet de mon île, en pensant les flammes
Je tiens ma lame
J'ai la rage au ventre

Zen

Je ne suis pas du genre à juger quelqu'un
Je prends le temps de comprendre - si je ne suis pas trop fatiguée, trop émotionnée, trop chamboulée pour ça, et souvent je prends sur moi... trop...
Je suis à l'écoute en général
Sans doute trop
Etre une oreille ça peut retirer le droit de la parole sans qu'on s'en rende compte
Résultat faut taper du poing 10 fois plus fort
Quand c'est suffisant...
Parce qu'il y en a toujours pour être trop immatures, arrogants, pervers, stupides, égoïstes, nombrilistes, irrespectueux, du pur jus de gamins capricieux
Gamins au sens d'humains qui a besoin d'apprendre à l'être
On devient humain
Et alors là, expliquer avec le sourire que c'est pas possible, limite tolérable, éventuellement compréhensible mais, taper du poing, du pied, faire silence, tirer des traits, tourner le dos, demander de l'air, ça ne suffit pas!

Je suis gentille
Fondamentalement, c'est dans ma nature
Je n'ai même pas la prétention de dire que je me bats pour ça
J'en ai l'illusion
J'essaye de faire tout ce que je peux pour m'améliorer
Mais j'aime me dire que je suis programmée pour ça
Un petit maillon de chaines
Je regarde mes paires de cette manière

En pensant le non attachement, la non violence et la compassion*

Ma fondamentale

Question de respect
Où sont les solutions?

On m'a élevé à "tu prends un coup, tend l'autre joue"
J'ai 27 ans, et je suis suffisamment grande pour savoir que le monde actuel est lourd, trop alourdi, par tout un tas d'interprétations nocives pour la société
Le poids de l'histoire, le poids de nos pères, et toute la merde qu'on nous foue dans le crâne qui devient la normalité établie
Les incompréhensions, les détours pervers, la surenchère dans l'horreur
Je ne tends pas l'autre joue
Je suis immobile
Longtemps immobile

J'aime dire qu'il faut savoir être immobile et silencieux avant tout
Avant que de se mouvoir
Avant que d'ouvrir la bouche
Avant que de danser
Avant que de se battre

Effet Papillon

Dans un monde qui part en sucette
Et c'est surement dans l'ordre des choses
Je me suis toujours sentie comme...
Qu'est ce que je fais en vie?
Pourquoi je suis au monde?
Comment je peux sentir aussi fort ce qui m'entoure, pourquoi aussi petite et aussi grande à la fois?

Décalage

Je ne crois pas qu'il y ait d'erreurs ou de mauvais choix
Il n'y a que des expériences
Et parler comme ça est dangereux
Les notions de Bien et de Mal à établir
C'est l'expérience qui le fait quelque part
Ce qu'il y a en amont
Ce qu'il y a en aval
Quelque part, tout est parfait
Tout est à parfaire
Et combien de choses me sont intolérables

J'aime à penser que je suis dans le lit de l'eau

Songes

Le cristal de la goutte
La lumière du faisceau
Des éons au moins
Et c'est quoi le temps?

J'aime voir les rides apparaître au coin de mes paupières
Ca fait longtemps que je suis vieille
La beauté du son
Le sublime
La fascination de ce qu'on ne contrôle pas
Ce qui nous dépasse
Submerge
Nous replace en nous même
Au centre de nous même
Face à un univers immense
Nous même univers
Vibrant non pas au centre
Mais à l'unison
Malgré l'illusion du temps, de l'espace, du palpable

Je prends la tangente
Je regarde la ligne d'horizon
J'aime le globe
J'aime la surface
Les strates
L'infinité de transparence

L’élégance du Verbe 

Combien grand le Souffle.

Et je n'aime pas me plaindre.

Je perçois tellement l'Immensité que je ne m'en sens que trop vivante.

Comment se plaindre.

Comment ne pas vouloir donner.
Communiquer.
Entrevoir plus loin encore partout où le regard se pose.
Façonner le regard.

J'ai souvent pensé à une vie d'aveugle, sourde et muette.

Ce que ma perception me promettait de vérité de cette manière.

Comme éteindre la lumière pour mieux laisser briller la flamme, l'étincelle essentielle et savoir percevoir justement.

Là que la beauté du monde transparaît.
Son horreur tout autant.

C'est difficile d'expliquer à quel point je respecte l'histoire de chacun.
Chacun étant un univers issu d'autres univers.
Télescopage terrible. Décroissant et croissant.
Croisements.
Parallèles.
Cercles.
Diagonale.
Je m'y perds, et c'est là que je m'y retrouve.
A ma place.

La nature est un terrain de jeu.
On devrait toujours y jouer comme des enfants.
Sans jamais perdre de vue l'enfant.
En n'oubliant jamais qu'on ne fait que passer; qu'il y a eu tous les autres avant, tout ce qu'il y a eu avant nous, et ceux qui viennent, ce qui va advenir de ce monde.

J'ai toujours peur du faux pas.
Peur du mot de trop, du silence trop pesant, de l'incompréhension.
J'ai besoin de mon espace. De mon temps. Du silence.
Distorsion.

J'ai dû apprendre à me mettre en colère.
A comprendre la juste colère.
Pour mieux m'en défaire et laisser grandir en paix mon idéal.

J'en ai assez qu'on me retire la parole.
Assez qu'on ne respecte pas qui je suis.
Assez de devoir me battre pour tenir ma place en moi même.
Je veux dire par là, comment je pense, vers quoi ma pensée se tourne, avant même l'agir.

Immense la solitude.

Et combien entourée pourtant.

Je suis fatiguée qu'on me heurte.
Moi, la petite fille toujours aussi fascinée par un rayon de soleil qui glisse sur une feuille.
Fascinée par un sourire qui s'étire depuis le regard.
Fascinée par l'infinité de regards et ce qui se cachent derrière.
Tout ce qui en dit long.
Multiplicité.
Même si c'est mal, mauvais, insoutenable, ça reste fascinant.
De part la nature humaine, de part ce que la mémoire, la transmission, les sens, peuvent... être.

J'aime l'humilité, la simplicité, le respect, la conscience de soi parmi les autres, la conscience de soi dans le monde parmi les autres, la beauté des gestes simples.

C'est mon essentiel.

Je me bats pour ça.

La rage au ventre.

Je me bats pour ça.

Je me sens coincée entre le besoin de travailler toujours plus, pour donner le maximum de ce qui me semble être important, et le besoin intense d'avoir une vie simple, les pieds dans la terre.
Je suis à Mafate dans ma tête, dans la forêt Amazonienne, dans la forêt tout court.
Je reste avec les insectes... les animaux.

J'ai arrêté les Sciences au lycée surtout parce que... Face A Face B
C'est dangereux

J'ai toujours eu peur des chiffres
Multiplication
Unité
J'ai horreur de penser le fric
Et la machine qui va avec

Penser le pouvoir...

Ca me rend malade
Et je vomis
Et je ne mange plus
Tellement j'ai mal au bide
Tellement j'ai la rage au ventre

A avoir envie de foutre le feu à tout ce que j'ai fait
Et de me casser dans un endroit où je pourrais vivre en paix avec des gens loin de tout ça
Le corps ouvert aux arbres, à la peuplade d'insectes, d'oiseaux, d'animaux
Sereine
Mais combien stimulée par mon environnement

J'ai un besoin immense de simplicité
D'échanges intenses, de profondeur
Comme un sourire qui veut dire:
On est vivant, c'est beau

Mood: Axelle Red - J'me fâches

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