Retour de la Vavangue.
Un flash immense en voyant les tulipes de Gabon, en grappes de feu sur le ciel lourd de pluie.
Mon rêve de guerrier puissant qui supporte l'eau de la ravine du Bernica, l'eau glacée qui dévale les pentes de mon île.
J'ai deux nouveaux loups.
Mes amours.
J'ai écrasé des baies roses dans mes mains en arrivant, bonheur.
J'ai savouré une petite fleur de corbeille d'or, façon colibri.
Mon précieux jardin, à perte de vue.
Ma petitesse dans ce monde.
Le souvenir de la clôture qui penchait.
Le feu partout, dans la savane.
Une belle libellule rouge est passée au dessus de ma tête.
Le vent chante en moi.
Mes pieds nus et les papillons qui dansent.
Ma petite qui marche comme moi.
Un éclat de rire les pieds sur les rochers de lave couvertes de litchen qui me manquait.
La forêt des illusions comme on l'appelait avec mon frère.
Notre conversation la plus importante.
Mon cœur de pierre.
J'ai fait des calins à toutes mes plantes, je me suis servie de la balançoire pour m'étirer, dans les feuilles qui me servaient pour faire des pliages en forme de samoussa.
J'ai pensé à un marronnier d'inde, aux moineaux.
How perfect you are my love.
On a parlé chiffon avec Mamie, je lui ai choisi un jupe vert émeraude satinée, comme elle aime, du temps de sa jeunesse, en attente à Bruxelles.
Je pense maintenant à la jupe rouge longue et à la robe blanche doublage fleurie.
Ca serait d'un bel effet, un peu retravaillé, sur la plage, à Bali.
Je suis redescendue en laissant le pull à capuche orange de ma fille sur les blousons de mon Papi, et mon gilet que je n'avais pas reporté depuis Montparnasse, laissé dehors, sur le crochet de la porte.
J'avais peur du dehors la nuit, je voulais fermer toutes les portes de la maison et les fenêtres. Je voulais protéger tout le monde dans la maison. Et on m'emportait.
J'ai rêvé de loups qui descendait la colline, là où il y a les poissons maintenant, prêt du Farfar.
Il tombait à pique mon gilet.
Je suis heureuse.
Je me sens amoureuse.
Mais surtout, enfin complète, sereine et sûre.
En sécurité.
Le sourire immense quand je pense à mes nouveaux amours....
Je suis redescendue avec de la sensitive du jardin.
Trompe la mort.
Combien c'est délicieux d'effleurer de nouveau la Vavangue, esprit du vent.
Maman m'a servi mon thé.
Deux tasses parce que je prends mon temps.
Enfin 3, parce que Maman n'avait pas pensé tout de suite à sortir ma théière.
Une tasse plus petite que l'autre parce que j'ai cassé la première théière que j'ai racheté, pas tout à fait identique.
Je n'ai plus le haut de la théière.
J'aimerai me faire mon propre service.
Je pense à Saint Phillipe, à ma grand tante, Dédé.
Ici, c'est chez elle aussi.
Je pense à tonton René.
J'ai commencé à nettoyer le jardin.
Je rêve de l'harmoniser comme il faut, et de replacer le bassin ici.
En attendant, on commence par le manguier.
Un projet de colombe à accrocher dans l'olivier.
Un projet de plats à préparer.
Un projet de performance.
La petite tasse, c'est pour Juliette.
La petite fille de Dédé et René qui n'a vécu que quelques mois.
Tonton m'appelait ma chatte.
Rivière, c'est Ru ici.
J'aimai manger les poissons du bassin, mais ça me fait mal maintenant.
J'ai goûté un carry boeuf tortue aussi, mais ça me fait aussi mal.
Un peu de poisson hier, un peu de langouste aujourd'hui.
La langouste m'a l'air d'un cafard de mer.
Beetlejuice.
J'aime l'idée des couleurs qui changent à la cuisson.
J'ai passé un temps fou à observer la carapace.
Je pense la vernir.
Je ne veux plus en manger.
J'ai préféré un tout petit peu de riz, de l'avocat, du beurre de cacahuète, de la mâche et du radis blanc.
Un demi petit bol.
Je peux pas plus.
Je bois de la Sensitive maintenant.
Juliette...
J'aime mes racines italiennes lumineuses en Asie.
Julietta Ru.
C'est toujours comme ça à La Réunion, les noms sont francisés.
Je n'arrive pas à dormir, ça se voit.
Et je m'amuse là, juste ça.
J'attends le jasmin de nuit dans mon dos.
Combien de vies...
Il va falloir que je revois ce pantalon.
Je l'aime trop.
Je pense à ce désir terrible de toucher des cordes à faire sonner depuis l'enfance.
A mon vali.
A un biwa
Trông com ou
Trông bông ou
Trông vo ou
J'ai hâte d'aller à Saint Phillipe.
De sentir les vacaos, de manger un peu du fruit, de savourer la feuille, et de la tresser.
Comme j'aimais tressé dans mon adolescence, en utilisant de la craie grasse.
Une planche pour le bac, en bleu, vert et rouge orangé.
Je fais des passes avec mon grand père qui fait du Tai Chi
Je fais des passes...
Je travaille mes pieds dans le sol
Mes pieds qui effleurent
Mes mains qui sortent du feu
Mes bras de vent, mes bras d'eau
Trông vo ou
Tenko tranquillement assoupi
Tambour de riz
Mais gare...
Kayamb
Tabla
Je vais travailler à retrouver ma tortue albinos de Saint Leu, ma prise de vague entre le Spot de la Cafrine et le Spot de la Tortue.
Encres et pinceau.
Lull'
Et mon phoenix
Yoga
Danse
Trame
Taï Chi avec ma trameuse, une autre maman, Christine, et les pieds bien enracinés en Thaïlande avec elle et mon grand père
En sentant les purs guerriers ici, le Dojo de La Saline à côté des Pompiers, Judo, Pencat Silat et Boxe Thaï
En cherchant les pierres avec Willy777, mon tonton moustache, qui revient de Chine amer, en me faisant baver sur les photos de Jade
En travaillant le Garuda noir et les Nagas autour de ma jambe droite
L'autre jambe dans la forêt
Mon doux cygne
Mon beau lac
Twist
J'attends mes rollers encore encartonnés pour changer
Et je vais nager un max
Je suis plutôt équilibrée comme ça, mais je ne m'aime pas là
Plus fine, c'est mieux, même si ça fait râler une partie de mon entourage
Puis projet Indonésie Thaïlande Cambodge Vietnam
Je travaille mon massage, mes huiles macérées et mes produits de beauté
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