jeudi 14 juin 2012

Langage - Aeterna Femina

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Même chose.
Chorégraphie improvisée d'abord, film, arrêt sur image, dessin et... habillage cette fois.
Ceci étant, la couleur relève déjà de l'habillage, ou de l'habitat.

Je ne vais jamais aussi loin en moi, jamais aussi loin tout court, que quand je danse.
C'est terriblement intime et en même temps, complétement ouvert sur le monde.
Ca me laisse une drôle de sensation.

Le temps des études en arts plastiques, et je ne me sentais pas encore la maturité, ni l'assurance, pour me lancer dans quelque chose de suffisement fort. La théorie prenait largement le dessus, des tests par ci par là. Je suis patiente...
Là, je sens un début de satisfaction, ça a muri dans ma tête depuis une dizaine d'années presque, et je commence enfin à oser vraiment, à pousser les limites, avec le temps que j'ai et les moyens.
Pas toujours évident avec mon quotidien et mes (més)aventures.
Là, tout juste là, je me retrouve tout pile à la croisée.
Pleinement femme.
Je ne me sens qu'au tout début.
J'espère pouvoir travailler dans ce sens un moment et profondément. 

Jamais eu de grandes ambitions...
Mais là, ça vibre fort en moi.

Un drôle d'effet.

Je suis vraiment morte sans la danse.

Au delà de cette part très humaine, puisque c'est moi...
Ma recherche portée et porte toujours principalement sur le Féminin.
Autant dire que je cries la Femme tant que je peux, à bout de souffle, à bout de bras.

C'est d'autant plus fort maintenant que je suis mère.
Les générations...
Et je suis replongée dans mes 16 ans, une période très particulière de ma vie, noyée dans l'anorexie, la solitude, le sport à perdre conscience de mon corps et un besoin de trouver l'autre, l'homme, pour me sortir d'une cellule familiale où j'étais en train de mourir.
J'ai quitté très violemment le monde de l'enfance, j'ai tenté de sauver ce que je pouvais pendant mon adolescence.
Je me sens trop fragile pour ce monde.

A 16 ans, j'étais déjà plus que responsable, en décalage total avec les gens autour de moi, tant pour l'âge que pour le reste. Je travaillais en parti, j'avais sur mes épaules le poids d'une famille à porter.
J'étais déjà femme.
C'est ça que je retrouve maintenant, comme un fil conducteur qui a quelque chose de terrifiant.
Terrifiant dans l'oubli de moi même par les autres, pour les autres.
Terrifiant dans la recherche et la fuite de l'homme.

C'est long, de se construire.
C'est long de se construire quand tout est démoli et tailler en pièce dés qu'on fait le moindre pas.
Et le pas...
Le pas, je le sens vibrer trop fort dans tout mon corps.
J'ai peur du bord du gouffre.

Pourtant... Je ne me sens vivante qu'à la pointe extrême, les bras dans le vent, les pieds au bord, tout au bord.
Et les mots m'encombrent de plus en plus...

Je crois que mes gestes disent beaucoup plus que tous mes mots.
Tous les mots que je fais miens.
Ces lettres assemblées à faire jongler.

J'en ai long à dire sur le Féminin, la Femme.
Mais, là, tout de suite, je ne me sens pas la force d'écrire.
Juste...
Etre une présence.

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