Une envie folle de riz gluant, vapeur vapeur...
A défaut, une Terre naan farine de blé et muesli plein de graines, Lune poivron rouge et Goutte cuisse du poulet rôti de la vieille
Poulet genre j'en mange vraiment pas souvent, mais quand je le mets au four...
c'est le gros félin qui se réveille, voir le z'oiseau noir crôa crôa, et je décharnes comme une sauvage, avec une délectation intense, méticuleuse, la carcasse
Je boudes les blancs
Des nuages de crème un rien électrique
Un sugi de coriandre ciselée et curry vert
Et mes bidules d'humeur, des verts qui me rendent tout sucre tout miel, un brin de métal rouge qui crisse sous la dent, un ruban qui tire plus sur le rouge que ça, et mon petit sac de plumes vertes qui piquent les yeux
Une heure que ça attend d'être mangé
Café!
Et... comment dire... y'a des fois comme ça où un son et certains corps qui bougent, ça te met un sourire au coin de la bouche que t'as envie dimille fois plus envie de foutre toute ta garde robe par terre, de sortir la machine à coudre, de racheter des bouts de tissu, de t'étirer à mort, de reprendre des cours de danse et d'enfin attaquer sévère un sport de combat.
Déjà que je sentais mon penchant pour le motif félin et le vert qui pique grandissait, là...
C'est à dire que ce matin, je me suis levée avec le soleil et les oiseaux.
Mon corps encore tout ensommeillé crié après un café au lait de soja (à défaut de riz et d'amandes) vanille/gingembre/coquelicot/violette
Big smile qui s'est étiré partout en courant sous ma peau
Une lueur bleutée délicieuse, une fraîcheur apaisante et ce concert...
Ce sourire qui s'étire encore, depuis le début du tourbillon de ma nuit
On s'est endormi tard, très, prises dans l’excitation du départ
J'ai fermé l'oeil sur une histoire de monstres doux comme des doudous à qui ont fait des bisous
Et soudainement, j'ai commencé un périple croustillant à souhait
Un corbeau croasse et moi je crois
Ca commence à Morgat, dans le début de la nuit, chez une amie d'enfance, avec ces garçons, ou on se demande comment gérer une soirée à la maison et les gosses
Toujours épique pour la mère poule que je suis
Un besoin criant de mettre ma fille à l'abri et de pouvoir laisser vivre la femme dont tout l'être brûle de danser
Je grimace à la vue de l'alcool et de ce qu'il fait planer autour des enfants
Je change de pièce, avec eux
Je me retrouve dans le hall de mon ancienne fac, Saint Charles, mixé avec une grande maison bruxelloise sur plusieurs étages où les enfants dormaient au dernier étage, avec un fond de loft/lieu culturel
Une vaste maison, où chacun à sa place et/ou doit la trouver
Maman panique pour le bruit, les gens, et toujours l'alcool qui approche
Enorme bonheur en retrouvant là une amie du Conservatoire, Anaïs, avec qui on improvise une chorégraphie, avec d'autres cygnes noires, mode contemporain/oriental
Hurlement intérieur, où est ma fille
C'est à dire que j'ai commencé à visiter en gros
Une pièce avec de la vaisselle faite artistiquement, une partie cassée, des feuilles de plexiglas
Je remets de l'ordre, j'avance
Des lits
Des lits
Des gens
Des lits
De la lumière vert bleutée
Ma fille avec moi
Un pas en arrière en vitesse dans les étages, je vais revoir un dalon, après avoir posé ma fille dans une pièce adjacente, Réunion et Madagascar, souffler...
Un baiser de fumée bleue, le rose aux joues
Tourbillon
Mon bébé, ma petite puce, on marche avec d'autres enfants
Il faut trouver un truc chouette à faire pour eux, un endroit calme pour qu'ils puissent dormir
Mais le sommeil à l'air loin, tellement loin
Chassé-croisé monde de petits monde de grands
Et ça vit, ça bouillonne
Les enfants ont les eux grands ouverts
Un couloir de dortoir
Une scène au fond
La scène de Saint Denis, la scène de mon enfance, sans les rideaux rouges
Une respiration à l'extérieur
Je m'entretiens très posément en japonais avec un homme respectable...
Dans le ciel gris bleuté je vois une énorme fleur de cerisier rouge tanguer dans les nuages chargés de pluie
Je lui dis combien je suis sereine et rassurée
Là
Présence
Je rentre de nouveau
Des hommes, des tatouages, je gueule et je m'éclipse
Je prends la main de ma fille
Une rouquine aux cheveux très longs pique un sprint
Ma fille disparaît, elle est passée avec elle dans le couloir parallèle
Je sprint de plus belle, arrive au croisement où les 2 couloirs se rejoignent
En furie
Ma fille arrive en courant, mode super sérieuse
Je m'entends encore presque grogner, crocs ravisés
Echo... écho?
Ascension d'un escalier immense, façon château de princesse, mais plus... aéroport
Du métal, du verre et du blanc immaculé, hall où on devine les pièces et les couloirs où se trament des choses
Comme autant de salles de cinéma ouvertes au public
En haut des marches, un type en bermuda vert anis aux yeux en amande commence à me parler
Je le sens collant
Je sors les dents
Ce que je lui dis en substance... quelques mots, quelques phrases dans mon impulsion dansé du moment (où je me sens à l'aise entre street et oriental) et je lui sors:
"c'est qui qui fait les naans ici?"
Couloir
Petite main dans la mienne
Enfants
On déboule dans une pièce où une femme façon Pin Up à tendance pornochictrashtoomuch, mais classe, et sur allongée avec un sourire prêt à exploser en rire franc et léger
Une blonde aux cheveux courts
Un rien de Kitsune sur les lèvres
Et moi qui cherchait à amener les enfants au calme
Des images défilent à l'écran
Du vinyl noir, des seins obus, perruques noires carré lisse et frange courte
Je hurle intérieurement
Loin de mes bébés, et j'ai envie de vider toutes les bouteilles pour faire un feu de joie avec sur la place
C'est là que je me réveille, plutôt dans la lumière gris vert bleutée qui nimbait en partie la pièce
Ma belle lumière
Divin apaisement dans tout moi même
Une femme, c'est une guerrière...
Le monde onirique, c'est bourré de couloirs et de pièces
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