mercredi 13 juin 2012
La Boutiiiiiiik
Un assoupissement dans le bain et une nuit blanche plus tard, flottante parmi les oiseaux - ce matin, tourterelles, martins tristes et moineaux, plus tout à fait parisiens.
Je guette la venue des autres.
Session ravitaillement de tabac.
Premier tour sur la plage depuis mon arrivée...
Presque peur de mettre le pied dans l'eau - pas à cause des requins qui rodent mais ça pourrait.
Les z'oreils de passage, les joggeurs, les nageurs et surtout les pêcheurs qui remballent leurs affaires.
Une cigarette allumée, un sourire, un salut.
Un souvenir de fil de pêche et de morceaux de crevettes au bout d'un hameçon, assise sur la pierre noire.
Les poumons plein d'embruns.
La fraîcheur du sable à l'ombre, le piquant des filaos.
Le soleil et la brise douce, douce...
Les arbres feuillus qui attendent la chaleur pour se charger.
L'école primaire à longer pour retrouver le bitume, et puis Jayce qui est passé par là - surement la nuit dernière -, avec des craies de couleur, pour tracer son Gouzou, note robotique sur le macadam bien en vue des enfants.
L'arrêt de bus où il y a toujours quelqu'un qui attend le Car Jaune qui ne passe pas assez fréquemment.
Les habitués du coin, entre la boutique et le murée en face.
L'odeur planante selon les passages et les heures.
La boutique.
Aujourd'hui c'est madame qui finit de passer un coup de balai à l'entrée.
Ici, c'est souvent un chinois qui tient un magasin où on trouve un peu de tout, et de l'alcool.
Le coup d'sec traditionnel, le verre de rhum.
La boutique, c'est les jeunes un peu, beaucoup, paumés, et les gramouns (les vieils personnes, sous entendus, respectables), un vrai lieu de vie.
Un peu le baobab...
Les gramouns, toujours un oeil partout.
Souvent un chapeau, comme dan' temps lontan, comme à une époque où on faisait des bals musettes le week end, où les femmes portées des robes longueur sous genoux et l'accordéon dans l'air.
La boutik.
Le plaisir de retrouver une atmosphère.
Le goût de la limonade Cot pour beaucoup. Moi, c'est King Tamarin. Et Aloe Vera depuis qu'on en trouve ici.
Ca, c'est plus récent, depuis à peu prêt 10 ans, une connexion plus élargie et fluide avec l'Asie, surtout la Thaïlande.
Les pistaches - cacahuètes -, bien meilleures dans le cornet de journal plié sur le marché, mais ce petit paquet là, il a la saveur de l'enfance.
C'est le goûter vite fait quand on doit aller faire les courses.
La boutik, c'est moi qui râle parce qu'évidemment y'a que des bouchons au porc, et que le restaurant chinois où on allait manger avant à changer de proprio, un z'oreil, qui emploie des malgaches...
Ici non plus on est pas épargné par les abus.
Je vais devoir migrer dans le Sud pour manger des Ha Kao.
Que je veuille les faire, les acheter ou les apprécier assise à table.
Encore qu'il y a deux autres restos dans le coin, mais... pas pareil.
Un truc de mon enfance bien trop imprégné, le bol et les baguettes.
Et mon cousin qui ne mangeait que des Wan Tan...
Un relan de piano blanc dans le salon, du sourire de ma tante, et de ma robe rouge.
La noire parisienne. Femme dragon entre les lignes.
J'ai toujours préféré le Sud de mon île.
Ce matin, c'est regoûter au plaisir d'être juste réunionnaise et pas peu fière de l'être.
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