dimanche 3 juin 2012
Le poison des lèvres
Tout mon amour allongé sur un sol glacé
Tu la sens la fêlure?
Quand t'as l'oubli qui palpite au fond de la poitrine, et que tu voudrais t'arracher encore le coeur.
Quand tu sens trop fort que je suis encore là.
Tu vois, je sais voir en nous.
Et c'est pas le temps qui passe sans nous qui va changer ça.
Pas les heures incandescentes qui consumeront suffisamment ta mémoire pour que tu flottes un peu.
Juste un peu à la surface d'un souvenir.
C'est pas la faute à tes mains si elles tremblent.
C'est pas ma faute si mes lèvres effleurent ta peau comme ça.
Pas possible le coeur qui tremble.
Dis moi encore que c'était grand.
Quand on se foutait du temps, de ce qui s'en va et qui s'étiole.
Quand on a voulu trop fort disparaître l'un en l'autre.
A suffoquer de vivre.
Je ne respire plus.
J'ai jamais vécu si fort.
C'est pas ma faute à toi.
Et je meurs au bout d'une cigarette qui chasse le goût de ta bouche.
Je meurs dans la douche où je maudis l'eau de ne pas être plus froide.
Je tombe dans les canalisations, je m'en vais, je m'en veux.
Je m'en foues.
C'est trop grand.
Peur de nous.
Que le ciel nous pardonne.
Je tombe encore à genoux.
On s'arrache la peau, et en se disant "c'est la dernière fois"
On jure, on se maudit
Ne pas dire qu'on s'oublie
C'est un mensonge
C'est un mensonge
C'est un mensonge
Je chéries notre violence, celle qui dépasse de loin l'amour
Quand tout explose entre les tempes
Et ça n'est ni la peau, ni la douleur
Ca n'est pas l'étreinte
Pas l'attente...
Je ne pense plus
Nous
Je meurs encore de nous
Je voudrais...
Je voudrais cesser de nous laisser flotter dans les yeux des autres
Je voudrais nous voir disparaître
Je voudrais nous haïr plus loin que moi même
Je ne suis plus
Ta langue est la mienne
Je suis silence
Je tremble de ta colère qui me soulève, m'emporte, m'éloigne, me chavire, m'enlace, m'enracine, me délaisse, me transperce, m'évapore, m'écartèle, me fait vivre, me laisse morte, m'assassine, me disperse, m’évanouis, m'inonde, me détruit, me détruit, putain nous me détruit, et je suis une...
J'en crève
Dans la nuit sûre et sombre, dans les nuages lourds qui couvrent mes épaules
Au fond des océans plein de monstres
Arrachons les yeux du monde
Ma peau...
Tout l'air m'enlace à nous
Tout l'air m'écrase les poumons de nous
Et je veux partir là haut, gravir toujours la montagne, m'écorcher les doigts
M'écorcher les doigts
Entretenir les plaies
Mouvoir ce corps qui ne répond plus que de nous
Sentir tout ce qui me quitte
Tout ce que nous m'arrache
Tout ce que nous m'inonde
Tout ce que je perds de moi en nous
Tout ce que nous
Je veux dévaler en nous
Dévaler
Ne jamais cesser de laisser le poison s'épancher
Ou crever
Or die...
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire