mardi 12 juin 2012
Présence. Ce qui m'habite, ce que je danse, ce qui me porte, ce que je veux porter
Mood: Fugees - The Mask
Voilà qu'un mardi ensoleillé, après un an d'attente, on remet sur le tapis un projet, où j'ai carte blanche en danse, et je dois me confectionner quelque chose dans l'idée du drapé.
Je ne donne pas plus de détail pour l'instant.
Reste que je me retrouve face à ma feuille et mon écran, en habillant mon corps dansant d'après photo.
C'est un exercice très intéressant, si ce n'est un superbe exutoire.
Je me suis plongée dans les arts plastiques, pas tout à fait par défaut, mais la danse a toujours eu la primauté pour moi.
Quand mon corps a quitté le parquet et la scène, je suis devenue une pierre pensante, toujours plus avide de savoir que jamais.
Je pars toujours du principe que je n'étudies jamais suffisamment, pour être satisfaite... avant d'accoucher d'une idée.
Mon enfance particulière, ma culture réunionnaise - au sens large, à perte de vue, à l'horizon - font que j'ai un plaisir délicieux à décoder et coder, en usant des cultures différentes, des symboles, selon que j'ai besoin de dire quelque chose, depuis moi même ou pour tourner le regard sur un événement, un fait important, qu'il soit politique ou historique, scientifique ou tout simplement culturelle, voir cultuel.
Et mon éternelle incertitude face aux choix des médiums, à ma technique toujours en perfectionnement, la frustration terrible et emballante de ne pas encore maîtriser comme il faudrait des "plus qu'"outils pour servir l'idée, et le temps, le temps qui file, une vie trop courte...
Je pourrai rester encore enfermée, seule, entourée de tours de livres et de cartes de musées.
Le respect profond face au savoir, le faire et le dire, la technique, la prouesse, la richesse de regards et l'étendue de possibilités.
La quête de ce qui fait sens.
Ce qu'il faut en comprendre, ce qu'il faut en garder, ce qui doit être su, ce qui doit être fait.
Et la petite moi même.
Le regard et le goût.
Le possible, l'impossible, et le temps.
Je parlerai bien à reculons, très loin.
De l'Antiquité, de Terpsichore, de Minerve, du socle, de la pierre, du drapé, de la Vierge à l'enfant, d'Isis, de la Madeleine... Je suis ennuyeuse à mourir, alors je me tais. Je danse. Je contemple de mémoire les chérubins, la Vénus, les Anges... Iris, le point du jour. Le monde de la nuit. La Salomé. Et la Méduse. La Salomé. Gustave Moreau et le cortège, le grand cortège de mes maîtres. L'Arbre de Vie. Les Sphères Éternelles. Je suis ennuyeuse à mourir. Je ris en pensant que je me suis endormie en cours d'anthropologie comparée au temps de la construction du musée du Quai Branly. Afrique. Combien de masques... Le bois. Je veux peindre sur bois, pyrograver un peu.
La Salomé.
La Salomé Tatouée.
La panthère noire.
Le feu de la terre.
Kali.
Le feu de la terre ceint par les sugis.
Drapé de laves et lames glacées.
Et le Grand Boucan qui approche.
Je rêve d'éventails depuis la collection de mon grand père.
D'éventails et de flammes.
De papillons et de soie.
Mon mûrier coupé trop tôt et l'allée de pêchers.
Le Surréalisme...
pour me suivre, je suis ennuyeuse, à mourir.
Un japonisme mordant, terrifiant, acéré comme les lames qui éclatent sur la pierre noire couverte de vacaos.
Parfum de pandan.
Il me manque, mon vieil ami.
Gustave ne dévoilait jamais rien.
J'aime à jouer du voile.
Rêve de petites mains, de son sublime et Sperenza.
Saveurs de thé vert au jasmin, des fruits précieux de mes arbres, et riz à l'ombre des sugis, sur une natte.
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