samedi 16 juin 2012

Bonne Fête Papa

Les oiseaux commencent leur concert dans le jardin.
J'ai apprécié le petit jour qui délave la nuit.
De l'indigo à la transparence de l'azur.
Après cette dose d'amour incroyable que j'ai reçu hier, à me retrouver à manger des sushis dans la voiture en allant de la côte au Ouest au Nord, à la Bretagne, dans les hauts...
A pas pouvoir refuser des bonbons gélifiés tellement tout l'amour qu'il y avait dans le geste était magnifique.
A avoir re gouter la pluie de mon île, les gris du ciel et le parfum... de jungle...

J'ai passé ma soirée à me poser...
A danser. Très fort.

Un coup de blues immense, et puis je me suis lover dans ma chambre.
Le garage de la maison.
Mon lit de petite fille fait canapé dans le salon.
C'est le tiraillement à chaque fois.
Mais j'aime sentir le manguier devant ma porte.
Je me suis lovée.
Pierre.
Mon morceau de spectrolite dans les mains, tout enroulée, les fesses sur les talons, les genoux au sol, tout le corps enroulé autour de ma pierre.
J'ai du m'envoler comme ça à peine une heure, peut être deux.
Quand j'ai ouvert les yeux, je me suis sentie lourde, terriblement profond dans le sol.
Je voulais m'allonger par terre, mais ma pierre m'a appelé dans le coin de la pièce.
C'est toujours intense quand je les sens vibrer.
Et j'ai souri à l'araignée qui a attaché ma botte à l'étagère où trône un Ganesh indonésien, loin de mon Garuda Noir et de ma petite déesse qui vieille sur ma machine à coudre.
Ganesh a Junko dans son dos, toute nue!
Il faut que je la laves.
Ses vêtements sont pliés, en ordre, prêt à être enfilés, sur le côté.
Mais il faut que je les lave aussi.

Finalement faut bien le dire, c'est mon doudou à moi.
Même si ma fille aime jouer avec.

Ici, ma mère a une petite vierge noire, un papillon aux ailes violettes en perles derrière.
Toujours une bougie. Toujours une prière.
Un bouddha dans la salle à manger, un bouddha sur la terrasse.
Ils font face à la mer.
Ganesh lui, fait face au Sud.
Je nous replace à Saint Phillipe.
La côte au vent, et mes ailes...
La petite vierge noire fait face au Nord.
Elle vient de Saint Phillipe.
Ou peut être plus de Notre Dame des Laves.
Ou alors de La Salette.
C'est entre moi et maman.
Et puis La Vierge Au Parasol...

J'étais lovée, au sol, face au Piton des Neiges.
J'étais loin dans mon île.
Les jambes engourdies.
Tout le poids du monde dans le corps.
J'ai pris le temps, de sentir mes orteils, mes pieds, mes jambes, de remonter le long de la colonne vertébrale.
Je me suis accrochée au manguier, qui est l'arbre planté pour ma petite soeur, Angelina.
J'ai respiré fort, intensément.
J'ai respiré avec tous les manguiers de l'île.
J'ai refait mon trajet de l'Ouest des bas à l'Ouest des hauts.
J'écoute les fleurs venir.

Un relan de frangipanier.
La douceur du coton.

J'ai eu envie de me baigner, très fort.
Et puis j'ai enfilé un truc vite fait, mais le plus doux possible, un peu usé, voir beaucoup.
Un peu de rangement.
Un café lait de coco avec deux trois vagues que j'avais coupé dans mon fatras de morceaux de ciel d'hier.
Citronnelle.
Le tamarin et le goyavier inondé dans le sucre, que j'ai du mal... mais il faut la patience pour les fruits.
Une galette de riz sésame avec banane/cahuète
Au 3/4 en attente...

J'ai eu besoin de me recouper les cheveux.
Couic mon tressage rouge.
Côté droit en attente.
Couic côté gauche, pour dégager un peu mieux la crête, et court, mais en pensant à une tondeuse pour dessiner.

Je respire.
Légère.
J'avais besoin de ça, encore, couper mes cheveux.

J'ai hésité encore une fois, à tout couper.
Mais je veux rester femme.

J'ai hâte de twister et de m'envoler mieux avec la soie.

Un mouchoir.
J'ai fait un oeuf avec ce que j'ai coupé sur le mouchoir.
Cerclage rouge, petite libellule.
Posée à côté de la statuette de bouddha de la salle à manger.
A côté d'un morceau de Thaïlande plein de riz en idée.
Et un plat rectangulaire plein de galets.
Il y a des galets dans la salle de bains aussi.
Le petit râteau du mini jardin zen plein de coquilages, cassé à mi chemin, posé là.
D'ailleurs j'ai pris un coquillage dedans, posé sur les cheveux.
Pour remplacer la libellule.
Un autre doudou, à ma fille en principe, mais c'est moi qui l'aime.
Un petit bébé asiat, c'est mon bébé bouddha.
Il a un beau pyjama bleu, mais il faut que je l'habille. 

C'est côté gauche que celui qui est censé être mon père m'a frappé à coups de poings il y 5 ans maintenant.

Je me loves.
Je suis de pierre.
Je vais chercher le bouddha de bois que j'ai amené dans la maison, là bas, celle où je n'irai plus.
Il fait face à la mer lui aussi.
Il sort de terre.
Il rentre dans la terre.
Il est une pierre.

Je sors de l'oeuf, tout juste.
J'écoute les oiseaux.

J'ai peur que ça soit une journée chagrine pour ma fille aujourd'hui, même si ça n'a pas posé de soucis majeur jusqu'ici.
Moi, en tout cas, j'ai les larmes aux yeux. 
Enfin, non.
Je pleure.


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